lundi 12 septembre 2011

Bot'Ox - Babylon By Car ou "Comment créer un moteur rock avec un alliage techno"


La publicité a beau représenter la quintessence de ce que l’homme peut faire de pire, on y trouve parfois des idées intéressantes et une certaine recherche artistique qui ne laisse pas indifférent (je tiens quand même à être clair : cela reste rare ; 95% des réclames restent de la sous-merde en barre, et laisse l’étudiant en Marketing que je suis totalement indifférent).
C’est donc en voyant une pub fort sympathique pour Peugeot que j’ai découvert une musique fort sympathique, et par la suite un groupe fort sympathique : Bot’Ox. En tant que mélomane électronique – ou électricien mélomane, j’ai tout de suite accroché à ce petit beat sorti de nul part, ressemblant au bruit d’un coup frappé sur un tuyau de plomberie digital.

Benjamin Boguet (aka Cosmo Vitelli) et Julien Biffraz (moitié de Tekël) forment le groupe Bot’Ox. Après quelques EPs sur leur label I’m A Cliché, ils s’essaient fin 2010 au grand format avec 11 titres et un album centré autour du monde de l’automobile d’une esthétique rare. Une alliance superbe entre electro, rock et pop langoureuse. Procédons au contrôle technique.


"Motor City" prend le rôle d’une intro angoissante et magnifique. Bot’Ox annonce la couleur de l’album : elle sera froide, synthétique, nerveuse, profonde.
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"Bearded Lady Motorcycle Show "
"Bearded Lady Motorcycle Show" nous transporte littéralement dans Pulp Fiction, assis dans la Cadillac de Vincent Vega. Un bon titre electro rock, le travail de production des deux compères est grand. Le côté synthétique de la musique est complètement assumé, et voulu, on à l’impression d’entendre une usine se mettre en branle sur un rythme techno.
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"Blue Steel"
"Blue Steel" est un des chefs d’œuvre de l’album. Une musique profonde et froide, douce mais puissante. La voix d’Anna Jean est sublime, en symbiose parfaite avec les beats d’acier amenés par Cosmo Vitelli et Julien Briffraz. Une espèce de techno pop vocal inclassable, un frisson sur le dos vous parcourt tout au long de cette musique. Superbe.

"Overdrive" est un bon titre nerveux: la chanson part sur un espèce de synthé bien gras comme on l'aime. La batterie qui s'ajoute nous rappelle qu'il y a du rock dans l'air. Le tout donne un espèce de Steve Macqueen Surcoké dans Bullit comme le dirait nos amis de Byzeway.
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"Crashed Cadillac"
Un titre plus calme et plus angoissant. On sent là une volonté d’opposer chaque titre de l’album avec le suivant. Encore une fois, l’alliance entre les instruments rock et les beats synthétiques est parfaite. Ce titre est long et beau. Et au beau milieu des 7 minutes, le duo va amener une distorsion dans leur son peu agréable aux oreilles, comme pour nous montrer qu’ils ne sont pas là pour nous caresser dans le sens du poil. 

La 6ème track de l’album est un autre chef d’oeuvre. Et c’est encore une vocal avec pour invité Judy Nylon. Le groupe semble être particulièrement bon sur ces types de featuring. La variation de thème amenée à la fin du morceau est tout simplement monstrueuse. "Tout Passe, Tout Lasse, Tout Casse", parle des lamentations d’une femme lasse des hommes et de leur manière d’aimer et d’être. On frise la perfection.

"Babylon By Car" est un titre très techno… du moins c’est ce que l’on croit. On s’aperçoit en fait qu’il y a 2 chansons dans cette track. L’une techno, l’une rock. Puis les deux chansons fusionnent pour ne former qu’un ensemble robotique alternant les 2 genres. Ce morceau éponyme (logiquement) est le plus représentatif de la vision que Bot'Ox a voulu donné à cet album: une musique empreinte d'un machinisme glacial et nerveux, un alliage d'acier bombardé d'ondes puissantes.

"Rue de l’Arsenal" est une track géniale. Ces mecs sont foutrement bons. Encore un titre electro, avec des thèmes variés et puissants. Des montées assourdissantes, et un travail de production parfaitement maîtrisé. Les 20 dernières secondes sont tout simplement fabuleuses, et l’on a envie que la chanson redémarre de plus belle.
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On enchaîne avec "Car Jacked."
Un titre aérien et sublime, l’excellence musicale ne retombe pas ; au contraire, avec ce titre, on s’envole. Un thème mélancolique et plein d’espoir, une émotion ressentie de bout en bout. Une des meilleurs tracks électroniques de l’album.

L’album se finit sur 2 nouveaux featuring cette fois masculins. Le 1er, "Tragedy Symphony", est pour moi un titre miroir à "Tout Lasse Tout Passe Tout casse", autant dans la construction musicale que dans le thème abordé. "Slow Burn" clôture l’album dans le calme et la sérénité. Un titre d’une beauté calme et froide, qui casse avec la puissance dégagée par le reste de l’album.

Cet album est une réussite totale. À la croisée entre Air et Massive Attack, le style de Bot’Ox est unique, novateur, et accessible à tous par dessus le marché. C’est le genre de Frenchy qui me conforte toujours plus dans l’idée que la scène musicale électronique française est ce qui fait de mieux au niveau MONDIAL. N’en déplaise à certain déclinologue que je ne nommerai pas. Tous les titres sont réussis, la qualité ne retombe jamais, les jantes sont superbes, et le moteur hybride fonctionne à merveille.
Alors mes amis, vous savez ce qu'il vous reste à faire: on arrête de se la jouer rebelle et au lieu de dépenser 7,99€ dans un paquet de Marlboro Light et des feuilles, on va sur iTunes. Et on ne discute pas.

V.


1 commentaire:

  1. Pas mal du tout la version live. J'aime beaucoup la pochette aussi.

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